Le meeting d’explication programmé pour ce jeudi 23 août 2012 par le comité de soutien mis en place par Faya Millimono, transfuge de la Nouvelle Génération pour le Renouveau, la NGR d’Abbé Sylla, a débouché sur un fiaco lamentable. L’événement n’ayant pas eu lieu du tout, faute de manifestants. Aussi bien au stade de proximité de Nongo que dans les quartiers environnants, le mouvement des personnes, des biens et la circulation routière sont étaient normaux durant toute la journée. Aucune manifestation n’a été signalée nulle part et les jeunes footballeurs en herbe, en ont largement profité, pour s’entrainer dans la plus grande sérénité sur le terrain, quasiment désert, sous la surveillance, bien sûr, des forces de l’ordre planifiées, veillant strictement sur le grain. Non loin de là, au carrefour de Kaporo-Nongo à quelques encablures du port artisanal, les pécheurs s’affairent à mettre les dernières mains sur leurs bagages, pour prendre le large avant la fin de la marrée montante, deux pickups bondés d’agents de la compagnie mobile d’intervention pour la sécurité de la police veillent de près sur les mouvements des personnes. Les portes et fenêtres des boutiques et magasins de vente sont grandement ouvertes un peu partout, le long des routes jusqu’au marché de Kaporo à quelques 500m du port. La file de taxis en partance et en provenance de Contéyah, comme toujours à de tels moments de la journée, obstruent le passage au niveau de Nongo. Il est 10 heures passées, mais les manifestants ne pointent toujours pas le nez. Amenant certains passants aux fourmis dans les pieds à se demander, « mais que font ces policiers à cet endroit en ce moment précis ? ». Une question qui trouvait difficilement réponse. Les populations environnantes du stade de Nongo n’ayant aucune information relative à une quelconque manif dans leur localité. Ce qui du reste ramenait à zéro tout risque d’affrontement entre forces de l’ordre faisant le piquet et d’hypothétiques manifestants. L’échec de cette manifestation était prévisible. Faya Millimono n’étant rattachée à aucune structure pouvant mobiliser des manifestants en nombre, de surcroit, dans un quartier réputé paisible comme Nongo. Sans compter que les autres formations de l’opposition, regroupées au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès s’était montrée allergique à ce mouvement. Afin de fixer le cap sur la journée du 27 août 2012, que ces deux Alliances souhaiteraient consacrer à une marche dite pacifique sur l’autoroute Fidel Castro Ruz, en souvenir du mouvement des femmes contre la police économique sous Sékou Touré. Manifestation qu’ils tiennent à réussir à tout prix, après plusieurs reports dus, selon leurs propres arguments, à l’absence du chef de l’Etat en visite officielle à l’étranger, ensuite à la période des examens, et enfin au mois saint de Ramadan. La seule manière pour eux de prouver leur désaccord avec le pouvoir et la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, par rapport au processus électoral en cours en Guinée. Maintenant que le chef de l’Etat est au pays et que ces deux événements sont passés, il ne reste plus pour l’opposition que de passer à l’épreuve dont le mélange avec une autre activité, pourrait semer des confusions terribles. En plus, du coté de la ville de N’Zérékoré, où devait se tenir au même moment qu’à Conakry, la marche organisée par le comité de crise, les notables ont interdit toute manifestation de rue. Coupant ainsi l’herbe sous les pieds de Faya Millimono et les siens, qui devaient anticiper en renonçant à la tenue du meeting mort-né du stade de Nongo. Un échec synonyme selon certains observateurs de "honte" pour un homme qui cherche à émerger absolument. Qui a dit que la politique comme la gouvernance c’est la prévision ? Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info
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