La Guinée a bloqué une cargaison d'armes lourdes destinée au Mali par crainte qu'elle n'atterrisse en de mauvaises mains, ont déclaré jeudi un responsable guinéen et des diplomates régionaux. Abdoul Kabele Camara, vice-ministre guinéen de la Défense, a confirmé qu'une cargaison d'armes avait été bloquée car le gouvernement ne savait pas qui en était le destinataire exact au Mali, mais il a indiqué qu'il y avait des discussions en vue d'un déblocage. Les blocages de ce type, qui durent parfois plusieurs semaines, témoignent de la défiance des puissances régionales envers l'ancienne junte militaire malienne, soupçonnée de toujours tirer les ficelles à Bamako bien qu'elle ait officiellement rendu le pouvoir aux civils en avril, moins d'un mois après avoir effectué un coup d'Etat. Dans les jours qui ont suivi ce putsch, des rebelles touaregs alliés à des combattants islamistes, pour certains liés à Al Qaïda, ont pris le contrôle des deux-tiers nord du pays. Les pays voisins du Mali et les puissances occidentales voient dans cette situation une menace sécuritaire majeure, mais ils peinent à y apporter une solution. BlocagesCette semaine, le commandement militaire malien a ouvertement contredit le gouvernement intérimaire en s'opposant à une intervention étrangère pour reprendre le contrôle du nord du pays, alors que Bamako venait d'en faire la demande formelle auprès de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). «La Cédéao voulait mettre fin à la crise constitutionnelle et permettre l'installation d'un gouvernement civil fort avant de relâcher les cargaisons d'armes», a indiqué un diplomate régional à Reuters. «Ils ne voulaient pas renforcer la junte». Bakary Mariko, un porte-parole de l'ex-junte malienne, a condamné la Cédéao et l'Union africaine pour le blocus guinéen sur cette cargaison qui contient selon lui une dizaine de véhicules blindés. Il a ajouté qu'une autre cargaison d'un millier d'armes légères était bloquée au port de Dakar, au Sénégal.
20 miutes |





















