Les 39 chefs d’État et de gouvernement, qui ont ouvert, aujourd’hui le débat général annuel de l’Assemblée générale n’ont pas caché leur inquiétude face à l’enlisement des conflits qui caractérise le monde aujourd’hui dont la Syrie, le Sahel et la province congolaise du Nord-Kivu mais aussi face à la flambée de violence qui a conduit à la mort à Bengazi, en Libye, de l’Ambassadeur américain. « Je suis ici pour tirer la sonnette d’alarme quant à la direction que prend notre famille humaine », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, alors que le Président de l’Assemblée générale, M. Vuk Jeremić, de la Serbie, a placé cette soixante-septième session de l’Assemblée sous le signe de « L’ajustement ou le règlement des situations et différends internationaux par des moyens pacifiques ». « C’est une époque de turbulence, de transition et de transformation ». Une époque, s’est inquiété M. Ban Ki-moon, où le temps ne joue pas en notre faveur. « Catastrophe régionale aux ramifications mondiales », la situation en Syrie l’a conduit à rappeler « notre devoir de donner une sens concret à la responsabilité de protéger ». L’Émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, n’a pas dit autre chose lorsqu’il a estimé le moment venu pour les États arabes de « s’ingérer » pour mettre fin à l’effusion de sang. « Le régime de Bashar Al-Assad doit prendre fin pour que cessent les souffrances du peuple syrien », a renchéri le Président des États-Unis, M. Barack Obama. « Le régime syrien actuel ne retrouvera jamais sa place dans le concert des nations », a dit en écho le Président de la France, dans ce qui était sa première intervention depuis la tribune de l’Assemblée générale. M. François Hollande a annoncé que son pays reconnaîtrait le gouvernement provisoire, « représentatif de la nouvelle Syrie libre », lorsqu’il serait formé. « L’urgence, c’est aussi le Sahel », a poursuivi le nouveau Chef d’État français pour qui « il s’agit de permettre au Mali de retrouver, le plus vite possible, son intégrité territoriale et d’éliminer la menace du terrorisme ». Le Président du Sénégal, M. Macky Sall, a engagé le Conseil de sécurité à autoriser les actions nécessaires. Si la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prend des mesures pour tenter de résoudre la crise, une aide urgente des Nations Unies est nécessaire pour y garantir la paix et la sécurité, a insisté, à son tour, le Président du Nigéria, M. Goodluck Ebele Jonathan. Autre conflit à l’ordre du jour, la situation dans la province congolaise du Nord-Kivu. M. Joseph Kabila, Président de la République démocratique du Congo (RDC) s’est voulu tranchant: « Cette situation est inacceptable, mérite d’être condamnée et doit donner lieu à des sanctions ». Il a dit attendre de la communauté des nations qu’elle prenne ses responsabilités et du Conseil de sécurité qu’il fasse respecter ses résolutions « contre une force négative dirigée par des éléments impénitents du fait de leur grande capacité de nuisance et de soutiens extérieurs ». Invités également par le Secrétaire général à une réunion sur la situation à l’est de la RDC, le Président du Rwanda, M. Paul Kagame, et le Vice-Président de l’Ouganda, M. Edward Kiwanuka Ssekandi, ont vanté les mérites des initiatives locales et régionales, dont la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL), car « fondées sur une meilleure compréhension du terrain ». Dans son allocution, le Secrétaire général s’est aussi inquiété de ce que trop de gens soient prêts à se saisir des petites flammes de la différence pour les transformer en brasiers et que « trop de gens tolèrent l’intolérance », faisant ainsi allusion à la flambée de violence provoquée par un « acte disgracieux d’un manque de sensibilité flagrant ». Dans un vibrant hommage à Chris Stevens, Ambassadeur des États-Unis en Libye, tué lors de l’attaque contre le consulat américain à Benghazi, le Président américain a déclaré: « Aucune vidéo ne peut justifier une attaque contre une ambassade ». L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui offensent l’islam et le Prophète mais, a-t-il ajouté, pour être crédible, ceux qui condamnent la calomnie doivent aussi condamner la haine dans les images profanées de Jésus-Christ ou la négation de l’Holocauste. Son homologue de l’Indonésie, M. Susilo Bambang Yudhoyono, a plaidé en faveur d’un instrument international visant à empêcher efficacement toute hostilité ou toute violence basée sur des religions ou des croyances. La situation en Géorgie, à Chypre, dans les Îles Falkland (Malvinas) ou en Afghanistan, ont été les autres foyers de tension commentés aujourd’hui. Un an après la présentation, par la Palestine, de sa demande d’adhésion à l’ONU, le Secrétaire général a dit craindre que la porte soit en train de se fermer pour de bon sur la solution à deux États. Le programme nucléaire iranien a lui aussi suscité les mêmes inquiétudes; le Président Obama indiquant que l’Amérique souhaite trouver une solution par la diplomatie. Son homologue français s’est dit prêt à prendre de nouvelles sanctions contre l’Iran. L’Assemblée générale poursuivra son débat général demain, mercredi 26 septembre, à partir de 9 heures.
RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR L’ACTIVITÉ DE L’ORGANISATION: PRÉSENTATION PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE SON RAPPORT ANNUEL (A/67/1)
Présentation du rapport par le Secrétaire général
« C’est une époque de turbulence, de transition et de transformation », a constaté le Secrétaire général, une époque, a-t-il dit, où le temps ne joue pas en notre faveur. Les gens veulent un emploi et la perspective d’une vie décente. Mais trop souvent, ils se heurtent au déni de leurs rêves et de leurs aspirations. S’adressant aux nombreux dirigeants qui viennent pour la première fois à l’Assemblée générale, le Secrétaire général leur a rappelé que leurs populations veulent des résultats maintenant, pas dans un avenir lointain. « Les populations veulent des progrès et des solutions dès maintenant. Elles veulent des idées, du leadership et un espoir concret pour leur avenir. »
Voyant dans le développement durable le « véhicule de nos espoirs pour l’avenir », le Secrétaire général est revenu sur le lancement, hier, de l’initiative « Énergie durable pour tous ». Il a annoncé qu’il lancerait demain une nouvelle initiative intitulée « L’éducation avant tout » et que de nouvelles contributions pour l’initiative « Renforcement de la nutrition » seront annoncées jeudi. Nous prouvons, sur le terrain, que les partenariats bien pensés peuvent donner des résultats qu’aucun d’entre nous ne pourrait obtenir seul, a affirmé M. Ban. Conscient du fait qu’il ne reste plus que trois ans avant l’expiration du délai fixé pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Secrétaire général a indiqué que la crise économique ne peut servir de prétexte pour revenir sur des engagements qui, a-t-il fait observer, concernent les besoins fondamentaux de tous les êtres humaines. Il a parlé des objectifs de développement durable consacrés à la Conférence Rio+20 et a formulé l’espoir que ceux-ci pourraient déclencher la même « mobilisation remarquable » que les OMD. M. Ban a exhorté les États Membres à conclure un accord juridiquement contraignant sur les changements climatiques d’ici à 2015. « Tout comme il ne peut y avoir de paix sans développement, il ne peut y avoir de développement sans paix », a enchaîné le Secrétaire général. Il s’est dit gravement préoccupé par la poursuite de la violence en Afghanistan et en République démocratique du Congo, et a exhorté le Soudan et le Soudan du Sud à résoudre les « questions postsécessions » qui demeurent en suspens. Il a en revanche salué le courage et la détermination des dirigeants du Myanmar à avancer sur la voie de la démocratie et de la réconciliation. M. Ban a également parlé de la crise au Sahel qui, a-t-il déploré, ne fait pas l’objet de suffisamment d’attention et d’appui. La pauvreté, la fragilité, la sécheresse et les tensions sectaires menacent la stabilité dans l’ensemble de la région, a-t-il averti. L’extrémisme est en hausse, les armes faciles à obtenir et les emplois rares. Le Secrétaire général a engagé la communauté internationale à faire un important effort concerté pour répondre à cette « situation alarmante », précisant qu’il présenterait demain les idées de stratégie intégrée de l’ONU en la matière. La situation au Sahel, a-t-il précisé, souligne la nécessité de renforcer le système d’alerte précoce pour le développement. Pour M. Ban, il faut faire davantage pour détecter les remous de la détresse que connaissent les plus pauvres et les plus vulnérables. Le Secrétaire général a engagé les États Membres à accorder davantage d’attention à la sécurité alimentaire et à renforcer les filets de sécurité, appelant notamment à la hausse des investissements dans l’agriculture durable. Les gouvernements, a-t-il ajouté, doivent s’abstenir d’imposer des barrières commerciales sur les céréales et autres produits agricoles. Le Secrétaire général s’est ensuite penché sur l’aggravation de la situation en Syrie, y voyant une « catastrophe régionale » aux ramifications mondiales. Il a réclamé une action du Conseil de sécurité et appelé la communauté internationale, dont le Conseil et les pays voisins de la Syrie, à appuyer de manière concrète et forte les efforts de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Lakhdar Brahimi. Il faut mettre un terme à la violence et à l’afflux d’armes vers les deux côtés et lancer dès que possible une transition dirigée par les Syriens eux-mêmes. M. Ban a exhorté la communauté internationale à ne pas détourner le regard alors que la violence dégénère en une spirale incontrôlable. Des abus flagrants des droits de l’homme continuent d’être perpétrés, principalement par le Gouvernement, mais aussi par l’opposition, a accusé le Secrétaire général pour qui « il est de notre devoir de donner un sens concret à la responsabilité de protéger ». Le Secrétaire général a ensuite estimé que le peuple palestinien doit pouvoir réaliser son rêve de vivre dans son propre État et qu’Israël doit pouvoir vivre dans la paix et la sécurité à l’abri des menaces et des roquettes. La solution à deux États est la seule option viable mais, a-t-il averti, la porte semble être en train de se fermer pour de bon. Il a pointé du doigt la construction des colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés. Il s’est également dit alarmé par les « discours guerriers » prononcés ces dernières semaines. Les dirigeants ont la responsabilité de se servir de leur voix pour apaiser les tensions et pas pour faire monter la température et aggraver les situations volatiles, a-t-il lancé. Le Secrétaire général a réclamé le succès, à la fin de l’année, de la Conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient. Il a exhorté l’Iran à prouver la nature entièrement pacifique de son programme nucléaire et à la République populaire démocratique de Corée à s’avancer vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne. M. Ban a ensuite dénoncé « l’acte disgracieux d’un manque de sensibilité flagrant » qui a provoqué, ces deux dernières semaines, « une offense justifiable et une violence injustifiable ». Pour le Secrétaire général, la liberté d’expression et la liberté de réunion sont fondamentales. Mais, a-t-il argué, ces libertés ne sont pas une invitation pour inciter ou commettre des actes de violence. Le Secrétaire général s’est inquiété de ce que « trop de gens sont prêts à se saisir des petites flammes de la différence pour les transformer en brasiers » et que « trop de gens tolèrent l’intolérance ». Il a appelé « la majorité modérée à ne pas être une majorité silencieuse ». Elle doit s’affranchir et dire aux bigots et aux extrémistes, « vous ne parlez pas pour nous », a-t-il encouragé. Face à de tels enjeux, a poursuivi le Secrétaire général en français, l’ONU doit continuer à se renouveler. Il a évoqué la création d’un « Secrétariat mondial » capable d’appuyer la présence mondiale de l’ONU, observant que la mobilité du personnel est un premier pas essentiel en la matière. Il a annoncé une proposition à ce sujet dans les toutes prochaines semaines. Il a aussi souligné l’importance de rationaliser le processus budgétaire et de l’ancrer dans la confiance. « La microgestion ne sert les intérêts de personne », a-t-il fait observer. En tant que Secrétaire général, a-t-il ajouté, « je dois avoir assez de marge de manœuvre pour assurer la gestion dans un environnement dynamique ». M. Ban a aussi parlé de l’importance d’exploiter pleinement le potentiel des partenariats dans tous les domaines et a annoncé qu’il ferait prochainement des propositions précises sur le renforcement des moyens dont l’ONU dispose pour constituer de tels partenariats. Une ONU plus forte, a-t-il affirmé, est indispensable pour tout ce que nous espérons accomplir pour les peuples du monde. « Ensemble, si nous nous mettons tous à la hauteur de nos responsabilités, nous pourrons répondre aux défis actuels, saisir les chances d’une époque pleine de changements spectaculaires et donner une nouvelle vie aux principes et aux objectifs de notre Charte. » Déclaration d’ouverture du débat général
Les Nations Unies, a-t-il poursuivi, représentent un grand panthéon d’espoir pour les peuples du monde entier. Toutefois, l’influence de l’ONU sur la scène internationale devient de plus en plus diffuse. Il est de plus en plus difficile de parvenir à un consensus sur les points inscrits à l’ordre du jour, a-t-il observé. M. Jeremić a également évoqué le printemps arabe qui a permis de faire progresser les aspirations démocratiques des peuples dans certains pays, même si le sort d’autres pays demeure indécis. L’évolution des événements dans cette partie du monde aura des conséquences pour le reste de la planète, a-t-il assuré. Le Président de l’Assemblée générale a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les principes de la légalité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États Membres de l’ONU. Ces principes sont indispensables, a-t-il martelé, si l’on veut atteindre l’un des buts fondateurs des Nations Unies, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales. M. Jeremić a ainsi souligné l’importance de la médiation et du règlement pacifique des différends, thème du débat général de l’Assemblée générale. Le Président a par ailleurs insisté sur la nécessité d’aboutir au développement durable, l’une des principales ressources en matière de prévention des conflits, a-t-il estimé. Il faut, a-t-il ajouté, travailler avec les États Membres en vue de se rapprocher de plus en plus de cet objectif historique. Il a notamment rappelé que l’Assemblée générale avait reçu le mandat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 » de proposer une liste d’objectifs de développement durable. Ce processus doit passer par le renforcement d’un certain nombre de fonds et programmes des Nations Unies, en particulier le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Pour M. Jeremić, l’Assemblée générale doit s’impliquer davantage dans le discours sur le développement durable. De même, doit-elle participer plus activement aux progrès en faveur de la gouvernance mondiale. Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, le Président de l’Assemblée générale a exprimé son intention de convoquer une réunion informelle de haut niveau visant à mettre en place une concertation entre l’ONU, les institutions financières internationales et les groupements internationaux tels que le G-20. M. Jeremić a également exprimé sa volonté de travailler davantage avec l’Alliance des civilisations pour exploiter de façon plus constructive nos diversités. « Trouvons la volonté de travailler ensemble et essayons de faire valoir la primauté de la justice », a conclu le Président de l’Assemblée générale, souhaitant que la soixante-septième session marque l’histoire de l’Organisation comme la « session de la paix ».
« C’est de nouveau une voix de femme qui ouvre le débat de l’Assemblée générale des Nations Unies », a déclaré Mme DILMA ROUSSEFF, Présidente du Brésil. Elle a plaidé pour que les femmes sur Terre soient à l’abri de toutes formes de discrimination et de violence, capables de s’émanciper, et partant, de contribuer à l’émancipation de tous. La grave crise économique qui a commencé en 2008 a pris de nouvelles formes préoccupantes, a déploré Mme Rousseff. Le choix des politiques fiscales orthodoxes a aggravé la récession dans les économies développées, avec les répercussions que l’on connaît dans les pays émergents. Il n’y aura pas de réponse efficace à la crise sans une meilleure coordination entre les États Membres des Nations Unies et les organismes multilatéraux comme le G-20, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Pour sa part, le Brésil a adopté des politiques économiques prudentes, réduit sa dette publique et, grâce à des mesures sociales innovantes, sorti 40 millions de personnes de la pauvreté. Le Brésil a démasqué l’idée fausse selon laquelle les mesures visant à stimuler la croissance sont incompatibles avec les plans d’austérité, a poursuivi la Présidente. « C’est un faux dilemme. » L’histoire a montré que l’austérité, quand elle est exagérée et isolée de la croissance, ne marche pas. Tout en contrôlant son inflation, le Brésil a agi vigoureusement en faveur de l’intégration sociale et de l’élimination de la pauvreté. Abordant la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, Mme Rousseff a fermement condamné la violence en Syrie. En tant que Présidente d’un pays qui est la patrie de millions de personnes d’origine syrienne, elle a appelé les parties au conflit à déposer les armes. « Il n’y a pas de solution militaire à la crise syrienne », a-t-elle affirmé. « La diplomatie et le dialogue sont la seule option. » En tant que Présidente d’un pays où vivent des milliers de Brésiliens musulmans, elle a également condamné la multiplication des comportements islamophobes dans les pays occidentaux. Mme Rousseff a ensuite jugé urgent d’entreprendre la réforme institutionnelle des Nations Unies, en particulier celle du Conseil de sécurité. « Nous ne pouvons pas permettre que le Conseil soit remplacé, comme cela a été le cas, par des coalitions constituées sans son accord », a-t-elle insisté, soulignant que le recours à la force sans l’autorisation du Conseil était illégal. La responsabilité de protéger doit, selon elle, être complétée par « la responsabilité tout en protégeant ». « Le multilatéralisme est plus fort après Rio+20 », a fait par ailleurs remarquer la Présidente du Brésil. Le Gouvernement brésilien s’est notamment engagé à contrôler ses émissions de gaz à effet de serre et à combattre la déforestation de la forêt amazonienne. Mme Rousseff a souhaité que les pays ayant une responsabilité historique plus importante dans les changements climatiques honorent leurs obligations vis-à-vis de la communauté internationale. Le Brésil continue à œuvrer avec ses voisins pour construire un environnement de démocratie, de paix, de prospérité et de justice sociale, a assuré la Présidente. De grands progrès ont été accomplis pour intégrer la région d’Amérique latine et des Caraïbes. « L’état de droit réalisé pour renverser les régimes autoritaires est préservé et renforcé », s’est-elle félicitée. Elle a réaffirmé son engagement pour une région exempte d’armes de destruction massive et a souhaité que soit levé l’embargo imposé à Cuba, « un anachronisme que condamne l’immense majorité des États Membres de l’ONU ». M. BARACK OBAMA, Président des États-Unis, a entamé et achevé son intervention en citant l’exemple de Chris Stevens, l’Ambassadeur des États-Unis en Libye, tué dans l’attaque récente contre le Consulat américain à Benghazi. Sa dévotion et son respect pour les peuples du Moyen-Orient se sont développés tout au long de sa vie, a-t-il dit, précisant qu’il s’était rendu à Benghazi dans les premiers jours de la révolution libyenne, où il avait soigné les blessés et élaboré une vision pour l’avenir dans lequel les droits de tous les Libyens seraient respectés. Chris Stevens travaillait avec enthousiasme et incarnait ce que l’Amérique a de meilleur, a encore déclaré M. Obama, soulignant qu’il avait créé des passerelles entre les cultures et les océans, et s’était profondément investi dans la coopération internationale que les Nations Unies représentent.
« Les attaques contre nos civils à Benghazi étaient des attaques contre l’Amérique », a-t-il déclaré, ajoutant: « Nous traquerons sans relâche les assassins et les traduirons en justice ». Le Président américain a ajouté que ces attaques n’étaient pas seulement dirigées contre l’Amérique, mais aussi contre les idéaux sur lesquels les Nations Unies ont été fondées: « l’idée selon laquelle les gens peuvent résoudre leurs différends de manière pacifique, la diplomatie peut remplacer la guerre, dans un monde interdépendant, nous avons tous intérêt à travailler vers plus d’occasions à saisir et la sécurité de nos citoyens ». « Si nous sommes sérieux au sujet de ces idéaux, nous devons parler honnêtement des causes profondes de la crise, parce que nous sommes confrontés à un choix entre les forces qui nous séparent et les espoirs que nous avons en commun », a-t-il dit. « Nous devons réaffirmer que notre avenir sera trouvé par des personnes comme Chris Stevens et non par des assassins. Aujourd’hui, nous devons déclarer que cette violence et l’intolérance n’ont pas leur place entre nos nations unies. » M. Obama s’est attardé sur le printemps arabe. Les États-Unis, a-t-il dit, ont été à l’appui des forces du changement depuis la révolution tunisienne. L’intervention américaine en Libye s’est déroulée dans le cadre d’une large coalition, avec un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, a-t-il précisé, car, a-t-il noté, « nous avions les capacités de mettre un terme au massacre des innocents et nous croyions que les aspirations du peuple étaient plus puissantes qu’un tyran ». Le Président américain a poursuivi en affirmant que le régime de Bashar Al-Assad en Syrie devait prendre fin pour que cessent les souffrances du peuple syrien et qu’une aube nouvelle se dessine. « Nous avons pris ces positions parce que nous croyons que la liberté et l’autodétermination ne sont pas propres à une culture. Ce ne sont pas simplement des valeurs américaines ou des valeurs occidentales, ce sont des valeurs universelles. » M. Obama s’est dit convaincu qu’en fin de compte le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple était plus susceptible d’apporter la stabilité, la prospérité et les chances individuelles dans un monde de paix. Il a alors cité une phrase de Nelson Mandela, pour qui être libre ne signifie pas seulement se libérer de ses chaînes, mais c’est aussi vivre dans le respect et promouvoir la liberté d’autrui. Aboutir à une véritable démocratie, à une véritable liberté est un travail ardu, a-t-il néanmoins admis. Le Président américain a jugé révoltant la vidéo d’amateurs qui, a t-il dit, a provoqué une levée de boucliers dans le monde musulman. Le Gouvernement américain n’a rien à voir avec cette vidéo, a-t-il assuré, estimant qu’elle ne constituait pas seulement une insulte aux musulmans, mais aussi à l’Amérique, qui accueille les peuples de toutes les races et de toutes les religions. M. Obama a néanmoins expliqué que la Constitution américaine protégeait le droit à la libre expression. « En tant que dirigeant, et Commandant en chef de nos forces armées, je m’attends à ce que les gens disent les pires choses à mon égard, et je défendrai toujours leur droit de le faire », a-t-il déclaré. De même, a-t-il poursuivi, « rien ne saurait expliquer ou excuser le meurtre d’innocents ». « Il n’y a aucune vidéo qui justifie une attaque contre une ambassade. Il n’y a pas de calomnie qui puisse être une excuse pour brûler un restaurant au Liban, ou détruire une école à Tunis, ou causer la mort et la destruction au Pakistan. » Pour le Chef de la Maison Blanche, les États-Unis n’ont pas l’intention et ne chercheront pas à dicter les résultats des transitions démocratiques à l’étranger. C’est une obligation pour les dirigeants de tous les pays d’élever la voix contre la violence et l’extrémisme, a-t-il également souligné. Une politique fondée sur la colère et la division du monde inversera les gains de la coopération internationale et sapera l’œuvre de ceux qui font preuve de tolérance, a-t-il observé, notant que chacun avait intérêt à lutter contre ces forces. À ses yeux, il est temps en effet d’abandonner cet appel à la violence par la division. L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui prennent les Coptes d’Égypte pour cible, à ceux qui tyrannisent les femmes et à ceux qui pillent les ressources de leurs pays, a-t-il jugé. De la même façon, l’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui offensent l’Islam et le Prophète. « Mais pour être crédible, ceux qui condamnent la calomnie doivent aussi condamner la haine que nous voyons dans les images de Jésus-Christ qui sont profanées, la destruction d’églises ou la négation de l’Holocauste. » Concernant le Moyen-Orient, l’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui veulent tourner le dos au processus de paix israélien, a-t-il affirmé, répétant la position de son pays en faveur d’un État juif d’Israël prospère coexistant avec un État indépendant de Palestine. L’Amérique sera à côté de ceux qui feront ce voyage, a-t-il déclaré. En Syrie, l’avenir ne sera pas du côté du dictateur qui massacre son peuple, a ajouté M. Obama. « Ensemble, nous devons nous tenir aux côtés des Syriens qui croient en une autre vision d’une Syrie unie et solidaire, où les enfants n’ont pas à craindre leur propre Gouvernement et où tous les Syriens ont leur mot à dire sur la façon dont ils sont gouvernés. » En Iran, a-t-il poursuivi, « nous voyons une idéologie irresponsable et violente ». Il a précisé que le Gouvernement iranien appuyait un dictateur à Damas et soutenait des groupes terroristes à l’étranger. L’Amérique souhaite trouver une solution par la diplomatie, a-t-il assuré. « Nous avons le temps et les possibilités de le faire, mais ce temps n’est pas indéfini. » Il a également déclaré que les États-Unis feraient tout pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. En outre, le Président américain a rappelé que la guerre en Iraq était terminée. Les soldats américains sont rentrés chez eux et « nous avons commencé une transition en Afghanistan, et l’Amérique et ses alliés achèveront leur guerre comme prévu en 2014 », a-t-il dit, ajoutant également qu’« Al-Qaida a été affaiblie et Oussama Ben Laden n’est plus ». « Nous nous attachons trop à ce qui nous divise », a conclu le Président américain, promettant: « Les peuples partout luttent pour la liberté de déterminer leur propre avenir. Les États-Unis défendront leurs aspirations partout ». M. TOMISLAV NIKOLIC, Président de la Serbie, s’est longuement attardé sur la « Déclaration unilatérale d’indépendance autoproclamée par les autorités de la République du Kosovo ». Je ne suis pas un prophète, mais je dois dire que cela représente un dangereux précédent et une menace à long terme à la stabilité de l’ouest des Balkans et au-delà, a-t-il averti. M. Nikolic a fait observer que la majorité des États Membres s’étaient abstenus de reconnaître cette Déclaration. Il les a exhortés à rejeter toute solution qui ne serait pas issue d’un accord clairement défini entre la Serbie et les « parties albanaises » dans le but de maintenir la paix et la stabilité. Après avoir expliqué qu’en vertu de la Constitution serbe, le Kosovo et le Metohija sont une partie intégrante de la Serbie, M. Nikolic a indiqué que son pays était la victime d’une politique de deux poids, deux mesures. Les principes de respect de l’intégrité territoriale impliquent la prévention des sécessions ou la modification des frontières d’un État internationalement reconnu. Notre lutte contre la Déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo est un combat pour protéger les principes de l’intégrité territoriale, a-t-il ainsi affirmé. M. Nikolic a ensuite rappelé que la Serbie avait rendu à la justice internationale ses citoyens soupçonnés d’avoir commis des violations graves du droit international. Pour cette raison, nous nous attendons à ce que justice soit faite à notre pays et à notre population qui se sont alignés du côté du droit et de la justice lors des deux guerres mondiales. Comment se fait-il que les règles du droit et de la justice internationale ne soient bafouées à ce point que lorsqu’il s’agit de la Serbie et des Serbes. « On peut parler de discrimination avec raison? » s’est-il emporté, s’insurgeant contre le fait que la Serbie se voit de plus en plus souvent sommée par « les puissants » à faire le choix difficile entre l’abandon du Kosovo et Metohija ou l’abandon de son adhésion à l’Union européenne. Le Président serbe a indiqué que la Serbie s’était engagée à honorer ses obligations découlant de l’Accord conclu jusqu’à présent, même s’il a dit y voir une manière de répondre aux souhaits de la « partie albanaise » et aux concessions acceptées « sous une forte pression » par les dirigeants serbes d’alors. La Serbie, a-t-il martelé, n’est pas prête et ne reconnaîtra jamais sous quelque circonstance que se soit, explicitement ou implicitement, la Déclaration unilatérale d’indépendance. M. Nikolic a toutefois assuré que la Serbie prendrait part au suivi des négociations dans le but d’aider l’ensemble des « citoyens du Kosovo et Metohija » à avoir une meilleure vie. La Serbie, a-t-il précisé, ne négociera cependant pas la mise en œuvre de l’indépendance du soi-disant État du Kosovo. Le Président serbe a réclamé des négociations directes au plus haut niveau politique possible, estimant qu’un accord ne pourrait être conclu que de manière consensuelle et dans l’absence d’actions ou de décisions unilatérales. M. Nikolic a condamné dans les termes les plus fermes toute tentative par la « soi-disant République du Kosovo » de s’accaparer du patrimoine de « l’État serbe médiéval », héritage spirituel du peuple serbe, et la propriété de l’Église orthodoxe serbe dans la province serbe du Kosovo. La tentative de transformer quatre monastères de l’Église orthodoxe serbe en héritage culturel du soi-disant Kosovo est une tentative flagrante de falsification de l’histoire, a-t-il accusé. Le Président serbe a également réclamé une enquête sur les allégations de trafic d’organe contenues dans le rapport du Rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, M. Dick Marty. Certains doivent avoir mauvaise conscience car deux ans se sont écoulés depuis la publication de ce rapport, a-t-il lancé. La Serbie ne cherche qu’à connaître le destin des centaines de Serbes qui ont disparu du Kosovo et Metohija et qu’on croit à juste titre victimes d’un trafic d’organes et autres crimes commis au Kosovo et Metohija. Les Serbes, a-t-il par ailleurs fait observer, ont toujours été injustement considérés comme les seuls auteurs de crimes, jamais comme les victimes. M. BONI YAYI, Président du Bénin et Président de l’Union africaine, a déclaré que le continent africain est confronté à de nombreux défis qu’il ne peut, à lui seul, relever. Aussi, a-t-il espéré que la concertation aidera l’Afrique à trouver les solutions appropriées afin de lui permettre de consacrer ses ressources et son énergie au développement durable et au bien-être des populations. Il a ensuite énuméré les contraintes au développement: la circulation illicite et massive des armes légères et de petit calibre, la recrudescence des actes terroriste dans la zone Sahélo-sahélienne, les activités liées aux crimes transnationaux, la piraterie et les vols à main armée, la persistance du chômage, la malnutrition chronique dans de nombreux pays, la dégradation et l’érosion des sols, la récurrence des catastrophes naturelles et la mauvaise gouvernance dans les relations économiques internationales. M. Yayi a tout de même trouvé quelques motifs de satisfaction en parlant des différents scrutins qui ont eu lieu dans plusieurs États africains en 2011 et 2012. Il a aussi évoqué « les diligences de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), appuyées par l’Union africaine pour régler les graves crises sécuritaires et institutionnelles intervenues notamment au Mali et en Guinée-Bissau ». Il a noté les efforts entrepris par les pays de la région des Grands Lacs, en vue de mettre fin rapidement aux combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Enfin, il a salué le peuple somalien pour sa capacité de résilience qu’illustre l’élection du nouveau Président M. Hassan Cheick Mohamoud.
Le Président a mis en garde contre des performances économiques africaines, en 2011, qui ont été affectées par les soulèvements en Afrique du Nord et les crises et conflits dans plusieurs États. M. Yayi a aussi réservé ses derniers mots au problème du déficit alimentaire sur le continent qui affecte 34 pays, à la lutte contre le VIH/sida, au paludisme et à la tuberculose.
En fin de compte, la paix est édifiée par les civils et la Finlande accorde une attention particulière à cette question, ainsi qu’aux efforts de médiation. « Mon prédécesseur, le Président Martti Ahtisaari s’est vu décerner un prix Nobel pour sa longue carrière en tant que médiateur », a-t-il fait observer. Il s’est félicité de ce que le Secrétaire général mette bientôt à la disposition des États Membres et des organisations régionales ses directives sur la médiation et a encouragé celui-ci à utiliser pleinement les pouvoirs que lui confère la Charte à cet égard. Enfin, le Président finlandais a insisté sur la réduction de la pauvreté en tant qu’instrument pour rétablir la paix dans de nombreuses régions. « La Finlande est, depuis plus d’un demi-siècle, un partenaire fiable pour les pays en développement et, malgré les pressions budgétaires qui existent au sein de la zone euro, elle est parvenue à porter son budget annuel de la coopération au développement à 1,5 milliard de dollars américains », a-t-il souligné. En matière de paix et de sécurité, M. Niinisto a considéré que les armes de destruction massive demeuraient une menace existentielle au niveau international. Il a annoncé que la Finlande était prête à accueillir, cette année, une conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient. Il a souligné que l’ONU avait joué un rôle décisif en Lybie mais a regretté le fait que la situation s’aggrave en Syrie. « Le Conseil de sécurité n’a pas été en mesure de jouer son rôle de chef de file qu’il doit assumer en vertu de la Charte et tous ses membres doivent coopérer pour trouver une issue à la crise », a-t-il ajouté. Avant de conclure, il a émis l’espoir que, dans quelques semaines, les États Membres confient à la Finlande les pouvoirs et les responsabilités qui vont de pair avec la tâche de membre non permanent du Conseil de sécurité. M. DEMETRIS CHRISTOFIAS, Président de Chypre, a déclaré que son pays encourageait la Tunisie, l’Égypte, le Yémen et la Lybie sur la voie de la consolidation de la démocratie et de l’état de droit. Il a condamné la violence et les massacres de civils innocents en Syrie et s’est dit prêt à contribuer aux efforts internationaux entrepris pour gérer la crise et trouver une solution politique. Chypre continue à vivre avec les conséquences de l’invasion et de l’occupation turques, a souligné le Président. La Turquie viole les droits de l’homme et les libertés fondamentales de dizaines de milliers de personnes déplacées. Après son élection en 2008, M. Christofias a pris l’initiative, avec le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, de mettre un terme à l’impasse et de lancer un nouveau processus de négociations directes avec le dirigeant de la communauté chypriote turque, M. Mehmet Ali Talat. Or, depuis 2010, le nouveau dirigeant de cette communauté, M. Dervis Eroğlu, a rompu les engagements pris par son prédécesseur. En mars dernier, alors que Chypre assumait la Présidence de l’Union européenne, il a quitté les négociations. Le processus de négociations sur Chypre est encadré par la résolution 2026 (2011) du Conseil de sécurité, a rappelé M. Christofias. Mon gouvernement, a-t-il affirmé, est déterminé à le reprendre de bonne foi, en vue de parvenir à une fédération bizonale, bicommunale et dotée d’une personnalité internationale ainsi que d’une citoyenneté et d’une souveraineté uniques. Il a appelé l’autre partie à revenir à la table des négociations, à poursuivre le dialogue et à partager sa vision d’un pays « libre et uni ». Alarmé par le comportement de la Turquie qui sape la souveraineté de Chypre en faisant une démonstration de sa force militaire autour de l’île, le Président a noté que la Turquie n’avait pas signé la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et ne respectait pas le droit international coutumier. La Turquie n’a jamais proclamé de zone économique exclusive ni conclu d’accords délimitant cette zone ou le plateau continental dans l’est de la Méditerranée. « La Turquie se comporte comme si la République de Chypre n’existait pas sur la carte de la région », a déploré M. Christofias. Il a appelé la Turquie à cesser ses provocations et a fait une fois de plus valoir que, « dans un pays réunifié, les ressources naturelles, y compris les hydrocarbures, constitueront une richesse commune pour tous les Chypriotes ». CHEIKH HAMAD BIN KHALIFA AL-THANI, Émir du Qatar, a constaté que le monde arabe traversait une période difficile et pleine de risques, mais également d’espoirs. S’adressant à « ceux qui pourraient être mis mal à l’aise par ce qu’ils y voient et entendent », il a assuré que c’était là les soubresauts d’une nation qui reprenait enfin sa marche après avoir été victime de la dictature, de la dépendance et de la corruption. Il a rappelé la guerre civile américaine et les importants troubles qui ont précédé l’unité européenne ou le succès de l’Asie, pour arguer que ce qui se passe dans sa région était « naturel et historique ». En outre, à la différence du reste du monde, l’évolution de la situation dans le monde arabe se fait sous le feu des projecteurs et sous l’influence des médias électroniques sans aucune barrière ou protection de quelque sorte que ce soit. Le processus de transition est menacé de toute part, a-t-il prévenu, en formulant l’espoir que l’Assemblée générale prendrait position pour appuyer la transformation historique actuellement en cours dans le monde arabe. M. Al-Thani s’est plus particulièrement penché sur la situation en Syrie. Constatant que tous les efforts possibles avaient été déployés en vain et que le Conseil de sécurité avait échoué à prendre position, il a estimé que le temps était venu pour les États arabes de s’ingérer et de « faire ce qui est nécessaire » pour mettre un terme à l’effusion de sang. Il a argué qu’une situation analogue s’était présentée dans les années 70 lorsque les forces arabes sont intervenues au Liban. Malgré toutes les souffrances du Moyen-Orient, le cœur du problème demeure la question palestinienne, a dit l’Émir. Il a constaté que le processus de paix se trouvait au point mort à cause des colonies de peuplement. Comment se fait-il que la communauté internationale ne fait rien pour mettre en œuvre les résolutions pertinentes? Pourquoi le Conseil de sécurité n’adopte-t-il pas une résolution pour contraindre Israël à mettre un terme au blocus imposé à Gaza et à sa politique de peuplement? a-t-il fait mine de s’interroger. M. Al-Thani a ensuite affirmé son attachement à la liberté d’expression, estimant toutefois qu’elle ne devait pas outrepasser certaines limites et devenir un outil pour blesser ou insulter la dignité d’autrui. Il a rappelé que son gouvernement avait réclamé un dialogue entre les civilisations et les religions et que le Qatar avait également établi le Centre international pour le dialogue interconfessionnel. Il a engagé « tout ceux qui font preuve de sagesse et de raison » et « ceux qui ont le pouvoir de décision au niveau international » à rédiger des lois internationalement agréées pour prévenir le blasphème tout en protégeant la liberté d’expression. L’Émir du Qatar a par ailleurs annoncé que son pays accueillerait la dix-huitième Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, précisant que cette Conférence pourrait être l’occasion de rédiger une feuille de route contre les effets néfastes de ce phénomène. M. ROSEN PLEVNELIEV, Président de la Bulgarie, a réaffirmé que le principe de l’état de droit est à la base d’un système de relations internationales pacifiques et prévisibles. Avec des conflits de plus en plus complexes, il s’est dit d’avis que la médiation et les bons offices devraient être les instruments privilégiés pour éviter l’escalade des tensions. Il a également mis l’accent sur la nécessité d’appliquer la justice pour combattre le terrorisme, saisissant cette occasion pour condamner à nouveau l’attentat terroriste qui a couté la vie à cinq Israéliens en juillet dernier en Bulgarie. « Mon pays ne ménagera aucun effort pour traduire en justice les responsables de cet attentat », a-t-il déclaré. Il a également condamné les actes de violence qui ont été commis récemment au nom des croyances religieuses. Toutes les parties concernées doivent, selon lui, faire preuve de tolérance et éviter les actes de provocation car cela peut nuire à la paix et la stabilité. Abordant la situation en Syrie, le Président a appuyé les initiatives solidaires lancées par l’Union européenne pour venir en aide à la population civile. La Bulgarie, a-t-il dit, soutient les groupes d’opposition syriens dans leurs efforts d’unification pour représenter une alternative crédible au régime actuel, a précisé le Président. Face aux processus de transition démocratique engagés dans la foulée du printemps arabe, il a salué les réformes politiques et constitutionnelles en cours dans un certain nombre de pays. Il a voulu que l’on ne perde pas de vue le processus de paix au Moyen-Orient qui doit impérativement être réactivé. Il a également abordé la question du désarmement et de la non-prolifération des armes de destruction massive, deux domaines qui, selon lui, exigent une volonté politique ferme et des actions concrètes de la communauté internationale. Cela devrait notamment se traduire par le renforcement du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et de la Convention sur les armes chimiques. À ce sujet, le Président a exhorté l’Iran à coopérer pleinement avec l’AIEA. Il a annoncé la volonté de la Bulgarie de se porter candidat à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2019-2021. Il a également réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du processus d’élargissement de l’Union europ& |





















